Résilience des réseaux de fibre optique : il faudrait 7 à 17 milliards d’euros pour tout sécuriser

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L’enfouissement des réseaux aériens de fibre optique, qui constituent la moitié de l’infrastructure en place, est nécessaire pour éviter les risques climatiques et les sabotages. Une nouvelle étude préconise d’y consacrer 10 milliards d’euros sur 10 ans.

Tempêtes, incendies de forêts, actes de malveillance, accidents de la route… Les 500 000 km de réseaux aériens de fibre optique (FTTH) en France sont exposés à de multiples risques climatiques et sociétaux. Ils représentent la moitié du réseau très haut débit hexagonal. Selon une nouvelle étude réalisée pour la fédération Infranum par le cabinet Tactis en partenariat avec la Banque des Territoires, qui a établi trois scénarios de « résilience » du réseau et cartographié ces risques, il en coûterait de 7 à 17 milliards d’euros pour le sécuriser.

Risque maximal pour la fibre passant à travers les forêts

Cette sécurisation passe par l’enfouissement de tout ou partie du linéaire aérien, une meilleure protection des nœuds de raccordements et des points de mutualisation (les armoires sur lesquelles interviennent les techniciens), et le déplacement d’infrastructures placées dans des zones inondables (350 NRO). Les chantiers nécessiteraient la mobilisation de 2000 à 5000 emplois en équivalent temps plein pendant les 10 prochaines années.

Le bouclage et l’enfouissement du réseau de collecte (celui qui est raccordé aux backbones et permet aux opérateurs de s’interconnecter aux boucles locales) est la mesure jugée prioritaire par cette étude présentée le 4 juillet. Cela représente plus de 11 000 km de linéaire. Quant aux réseaux les plus à risque, il s’agit des réseaux inter-villes traversant les forêts, qui représentent 10% du réseau aérien.

Scénario intermédiaire : 9,9 milliards d’euros pour enfouir 115 000 km de câbles

Dans le scénario du milieu, celui qui est recommandé par l’étude et qui consiste à appliquer le scénario « plancher » sur les départements à risque modéré, et le scénario « ambitieux » sur les 30 départements à risques climatiques et environnementaux les plus élevés, il y aurait 115 000 km de câbles à enfouir, à raison de 20 000 km par an. Pour donner une idée du chantier que cela représente, c’est deux fois plus que ce qui a été déployé dans le cadre du plan France THD.

Ce scénario intermédiaire a un coût : 9,9 milliards d’euros, dont 7,5 milliards juste pour l’enfouissement du réseau de collecte, le reste étant dévolu à l’enfouissement du backbone et à la sécurisation des équipements de réseau. Infranum, qui représente la filière des infrastructures télécoms, appelle à une « impulsion nationale rapide », avant que les employés du secteur ne se reconvertissent vers d’autres filières et que le programme de fermeture du réseau cuivre d’Orange n’entre dans sa phase industrielle.

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