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Octobre rose : et si la prévention du cancer du sein passait aussi par le travail ?

Avec Ce que le travail fait aux femmes. Au cœur de l’épidémie de cancer du sein, un collectif invite à regarder les conditions de travail comme un enjeu de santé des femmes. Un éclairage qui peut nourrir les réflexions syndicales à l’occasion d’Octobre rose.

18 octobre 2026· Mame M NDOYE· 12 lectures
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Publié le 2 octobre 2026 selon les Éditions de l’Atelier, cet ouvrage est coordonné par Marie-Christine Cabrera Limame, infirmière de santé au travail, Anne Marchand, sociologue, et Laurent Vogel, juriste et chercheur associé à l’Institut syndical européen. Préfacé par Fleur Breteau, fondatrice du collectif Cancer Colère, il interroge la place des expositions professionnelles dans la lutte contre le cancer du sein.

Les auteurs proposent d’élargir le regard porté sur la maladie. Aux facteurs individuels et familiaux habituellement évoqués, ils ajoutent une question : à quoi les femmes sont-elles exposées pendant leur vie professionnelle ? Travail de nuit, rayonnements ionisants, pesticides, solvants et autres substances chimiques figurent parmi les situations examinées. Le livre s’appuie notamment sur les parcours de soignantes, d’ouvrières et d’apprenties ayant entrepris de faire reconnaître l’origine professionnelle de leur cancer.

Comprendre les risques, sans simplifier la science

Sur le travail nocturne, une distinction est essentielle. Le Centre international de recherche sur le cancer, agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la santé, l’a classé comme probablement cancérogène pour l’être humain, dans le groupe 2A, lors de son évaluation de 2019. Il relève des associations avec le cancer du sein, tout en qualifiant de limitées les preuves disponibles chez l’humain.

Ce classement identifie un danger potentiel. Il ne mesure pas le risque individuel et ne permet pas, à lui seul, de conclure qu’un cancer donné a été provoqué par le travail de nuit. L’intensité, la durée et les circonstances des expositions doivent être considérées. — CIRC, questions-réponses du 5 juillet 2019.

De la reconnaissance à la prévention

L’ouvrage aborde aussi les obstacles rencontrés par les femmes pour faire reconnaître leur maladie. Dans son compte rendu publié le 8 octobre 2026, François Desnoyers, journaliste au Monde, rapporte plusieurs demandes des auteurs : faciliter la reconnaissance professionnelle, renforcer les protections contre les expositions, réexaminer l’organisation du travail nocturne et améliorer la formation des soignants. Le collectif plaide également pour une inscription du cancer du sein dans les tableaux français de maladies professionnelles.

Une réflexion à ouvrir au Sénégal

Pour les organisations syndicales sénégalaises, ce livre peut servir de point de départ à un débat : comment faire une place plus importante à la santé des travailleuses dans le dialogue social ?

Plusieurs questions mériteraient d’être posées aux employeurs, aux représentants du personnel et aux services de santé au travail : quelles expositions sont recensées ? Comment les salariées en sont-elles informées ? Quelle traçabilité existe tout au long de leur carrière ? Comment accompagner celles qui souhaitent faire examiner un éventuel lien entre leur maladie et leur activité ?

Ces pistes ne constituent pas des conclusions sur la situation sénégalaise : les sources consultées ne permettent pas de chiffrer la part des cancers du sein attribuable au travail dans le pays. Elles proposent un prolongement au débat ouvert par l’ouvrage.

À l’occasion d’Octobre rose, la mobilisation pourrait ainsi porter une ambition supplémentaire : faire de la prévention des risques professionnels une composante durable de la protection de la santé des femmes.

Inauguration de la fibre optique Sénégal - Mali

Les réseaux dorsaux en fibre optique du Sénégal et du Mali sont désormais reliés. Fruit d'un partenariat entre Sénégal Numérique SA (SENUM SA) et la Société malienne de transmission et de diffusion (SMTD-SA), ce dispositif d'interconnexion a été officiellement inauguré le 05 octobre 2026 à Kidira, dans le département de Bakel.

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