Thiès – Grève générale des 21, 22 et 23 octobre 2026 : Le Front syndical de défense du travail va paralyser le Sénégal
Face à l’inaction des pouvoirs publics et aux engagements non tenus, le Front syndical de défense du travail (Fsdt) monte au créneau. L’organisation appelle à trois jours de grève générale à travers le pays pour exiger l’application intégrale des accords, la fin de la précarité et une réforme en profondeur de la protection sociale.

Face à ce qu’il qualifie d’inaction de l’Etat, le Front syndical de défense du travail (Fsdt) est décidé à mener le combat jusqu’au bout. Plaçant son action sous le mot d’ordre «Travail, dignité, justice sociale pour un Sénégal plus juste», le syndicat s’est résolu à observer une grève générale les 21, 22 et 23 octobre 2026, afin de continuer à exiger l’application intégrale des accords signés avec le gouvernement. Selon les responsables syndicaux, le mot d’ordre vise une paralysie totale : toutes les activités seront à l’arrêt dans le secteur public, le secteur privé ainsi que dans l’économie informelle. Pointant du doigt les faiblesses du Code du travail -notamment la possibilité d’enchaîner des Contrats à durée déterminée (Cdd) sur quatre ans-, ils dénoncent une source de «précarité institutionnalisée». «C’est une situation désastreuse, avec des milliers de travailleurs maintenus dans l’incertitude, sans perspectives d’avenir : une jeunesse sacrifiée», s’insurgent ils.
Le Fsdt dresse également un constat alarmant de la gestion de la protection sociale : «C’est l’enfer avec le Code de la sécurité sociale ! Du côté des institutions (Ipres, Css), les arriérés de l’Etat s’élèvent à 100 milliards de F Cfa. Ça suffit !» Les syndicalistes fustigent le non-versement récurrent de ces cotisations par l’Etat, dénonçant la mainmise sur les réserves financières, une gestion opaque et politisée, ainsi que la menace directe que cela fait peser sur la pérennité des pensions de retraite.
Pour le Fsdt, un modèle social alternatif reste pourtant possible : un Sénégal fondé sur un travail décent, des travailleurs protégés, des emplois durables pour les générations futures et une sécurité sociale pérenne. Convaincus qu’«unis, nous vaincrons», les syndicalistes réclament «nos droits, donc notre avenir», et rappellent avec force ce principe fondamental : «Le travail n’est pas une marchandise.»


